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Quelques fameux capitaines des Caraïbes....

 
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Francois Lespinasse



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MessagePosté le: 20 Sep 2006, 17:14    Sujet du message: Quelques fameux capitaines des Caraïbes.... Répondre en citant

Une galerie de la bibliothèque, fort spacieuse et éclairée par une rangée de hautes fenêtres...sur la paroi tapissée, en face de cette rangée, se trouvent alignés quelques portraits de fameux capitaines ayant, d'une manière ou d'une autre, marqué l'histoire de nos Caraïbes, fameux capitaines ayant quitté lesdites Caraïbes, également d'une manière ou d'une autre...en dessous de chaque portrait se trouve fixée une plaque de cuivre où figure, gravé à l'eau-forte, un petit commentaire...



Señor Capitàn Dom PedroVasquez
Le capitàn Dom PedroVasquez est un des personnages les plus marquants de nos Caraïbes.
Fondateur et "Grand Octopus" de la Hermandad del Calamar, c'était un homme d'action craint et respecté de tous.
Outre un formidable combattant, il s'est révélé très vite être un tacticien hors-pair, meneur d'hommes, coordinateur de flottes et amiral de génie. Les statuts de sa confrérie de tueurs à gages furent très vite outrepassés au profit des interêts supérieurs de sa patrie et ses Flotas furent pendant des années synonyme de terreur et respect parmi ses opposants au Lys comme ceux à la Croix de Saint-Georges.
Sa mort abrupte, alors qu'il accomplissait une mission secrète de la plus haute importance, c'est-à-dire le transport de l'Infante d'Espagne, laissa tous le monde pantois.
Sa frégate lourde, atteinte à la sainte-barbe, explosa, ce au terme d'un long combat inégal contre deux flottilles de frégates bataves et anglaises, flottilles qui lui auraient donné la chasse d'une façon fort préparée...embuscade au large des Cayes de La Coube.
L'Infante réchappa du désastre, car mise en sûreté en chaloupe, sous escorte et bien avant la fin du combat. Mais une rumeur subsiste comme quoi ladite Infante n'était pas la seule raison de l'embuscade, en effet d'aucuns parlent d'une cargaison spéciale décrite comme le plus grand trésor jamais vu dans les eaux caraïbes.
La nouvelle de la mort du capitàn PedroVasquez stupéfia son monde, laissant les forces espagnoles désemparées, début d'une longue décrépitude marquée de dissensions et d'amertume, et ses confrères de toutes nations empreints de regrets et de respect envers l'un des plus grands capitaines des Indes Occidentales.




Sieur Capitaine Johann De Pont-Réhan, de Saint-Malo
Parmi les premiers flibustiers des Indes Occidentales, le noble Malouin Johann de Pont-Réhan fût un des opposants directs de Dom PedroVasquez, de cette inimitié teintée de respect mutuel que peuvent se vouer des adversaires de longue date.
Fondateur des Frères de la Côte, avec le capitaine H-R Tika, le sieur de Pont-Réhan se révéla un capitaine d'exception, respecté de tous ses commensaux et organisateur des premières flottes flibustières du Lys, parmi les rares amiraux de la flibuste capables de tenir tête aux Flotas de PedroVasquez. Peu de temps après la mort de ce dernier, le sieur de Pont-Réhan se retira, fort riche et respecté, en ses terres de Saint-Malo...peut-être fatigué et déconvenu de n'avoir plus d'adversaire à sa taille.
Beaucoup de capitaines français ont regretté le départ de Pont-Réhan, se sentant quelque part abandonnés, comme le furent les espagnols après la mort de Dom PedroVasquez, louant chez le Malouin la rigueur logique alliée à la souplesse de raisonnement, qualités d'un capitaine d'exception que tous les corsaires français considéraient tacitement comme un ami. C'est à ses côtés que votre serviteur fît ses premières armes en Caraïbe...
Son départ marque sans doute la fin des temps héroïques de nos Indes Occidentales.




Sir Kyliann Courtney, Master Merchant
Courtois autant que brave, le capitaine Courtney est un des premiers marchands-aventuriers ayant tenté en Caraïbe l'établissement de routes régulières de commerce qui soient autres qu'espagnoles.
Issu d'une famille dont les membres sont par tradition portés à l'aventure et à la découverte, Kyliann Courtney est un esprit original, aux vues larges voire visionnaires, ayant eu le rare courage de faire du commerce en des eaux infestées d'écumeurs de toutes sortes. Il pallia le manque de puissance de feu de ses navires par un sens aigü de la diplomatie et de la discussion, en faisant un capitaine appréçié et respecté de tous, ou presque.
Je dois ajouter que c'était un ami avec qui je projetais de découvrir le Ponant de ces eaux...mais nous ne fîmes jamais le voyage.
Il quitta très discrètement les Caraïbes et il est fort probable qu'il vogue encore sous d'autres latitudes, toujours avide de voyages et de découvertes.




Señor Capitàn Balthazar Ledesma Diaz y Vivar, Conde de la Caleta, dit Balthazar de La Caleta
Fort éminent et courtois capitaine espagnol, le capitàn De La Caleta laissera le souvenir d'un corsaire redouté autant que d'un très chevaleresque hidalgo.
Ces qualités, alliées à une courtoisie innée, laisseront l'impression de l'étoffe d'un Grand d'Espagne, ce qui sera confirmé en Mars Seize-Cents Six, lorsque mandé à Cadix, pour le Rey Felipe Troisième, par le Duc de Lerma.
En effet il lui fût donné de réintégrer la Marine de Guerre en prenant le commandement d'un vaisseau de ligne de soixante-quatorze canons, la Santa-Angustia.
Il participa ainsi au siège de la ville d'Anvers aux côtés du Marquis de Spinola, à fins de faire cesser la rébellion des Pays-Bas espagnols.
Il fût aussi promu au Conseil de l'Amirauté Suprême près l'Archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas.
Nous ne doutons pas qu'il doit occuper en ce jour de très-hautes et très-estimées fonctions, fonctions dont il est on ne peut plus digne.




Sieur Capitaine Raoul d'Anvers
Capitaine discret et efficace, Raoul d'Anvers s'est toujours distingué par un laconisme sans bornes, laconisme quelquefois ponctué de phrases directes autant que pertinentes, se distinguant toujours au moment où on ne l'attend pas. Ce qui reflète son pragmatisme et son tempérament d'homme d'action.
On suppose que ce sympathique batteur de vagues s'en est retourné dans les Flandres, courir le bon bord en Manche et en Mer du Nord, harcelant aussi l'espagnol de passage.




Señor Capitàn Blackcorn
Le capitàn Blackcorn fût un très redoutable écumeur doublé d'un membre très impliqué de La Hermandad del Calamar, spécialiste des bâtiments rapides dans des missions d'éclairage et de harcèlement autant que de régulier combat de ligne.
Sa dévotion envers les interêts espagnols, ainsi qu'à l'amiral PedroVasquez, furent sans faille et il fût parmi les plus actifs à coordonner les forces espagnoles désemparées après la mort du Grand Octopus.
A la suite de dissensions internes chez les espagnols, il mourût aussi brusquement que tragiquement lors d'un duel avec Don Sark Van Hummel, noble espagnol d'origine batave. Les rumeurs disent que ce duel ne fût pas des plus réguliers, mais celà importa peu puisque les corsarios españoles perdirent encore-là un de leurs meilleurs éléments.
Je dois ajouter que je lui dois aussi mon premier abordage victorieux en Caraïbes, ce malgré le fait que lui et son équipage se battirent comme des lions, nous venions tous deux d'arriver aux Indes Occidentales...
Bien qu'il fût mon ennemi juré lorsque je voguais sous pavillon au Lys, alors Frère de la Côte, c'était un adversaire personnel que je respectais d'autant plus qu'il devint par la suite presque un ami.
Le capitaine Van Hummel, son assassin, paya son forfait de mes mains.




Señor Capitàn Marco De La Rocaverde
S'il est un vétéran parmi les vétérans, c'est le capitàn Marco de la Rocaverde. Cet estimé corsario a bourlingué par toute la Caraïbe et fait toutes les campagnes de la Hermandad del Calamar, à la grande époque du commandement de Dom PedroVasquez.
Après la mort de ce dernier, il restera de longs mois à écumer infatigablement les mers, ses constants efforts pour l'Espagne n'ayant manifestement jamais été reconnus. Sans nul doute la reconnaissance fût très tardive à arriver du Vieux Continent mais elle fût à la hauteur du temps écoulé. C'est au courant de Septembre Seize-Cents Six qu'arriva une missive écrite de la main du roi Felipe Trois lui-même, missive lui enjoignant de rallier Dunkerque afin d'y instruire tous aspirants-officiers et marins des Armadas Royales.
Ca fut à l'île de Sainte-Lucie que l'on vit pour la dernière fois le capitàn De La Rocaverde, prenant la tête de la capitane d'une flota marchande et militaire, la frégate Nuestra Dama de Los Mares, s'éloignant lentement vers le Nord-Ouest, les Bahamas, début de la route usuelle vers le Vieux Continent...




Sieur Capitaine Blood-Lam
Le capitaine Blood-Lam fût un des plus fidèles flibustiers parmi les Frères de la Côte, capitaine fiable et fort expert dans la course, ce briscard participa à de nombreuses campagnes aux côtés de ses frères d'Hispaniola. Ces trop nombreuses batailles firent qu'il jugea sans doute trop risqué de tenter outre-mesure la Fortune des Mers, chose qu'il faisait déjà depuis fort longtemps. C'est ainsi que, fort d'un beau butin et de loyaux services, il rejoint la France afin de s'adonner à une activité plus paisible que la guerre de course.



Kapitein Finlay Campbell
Préçéder le nom de Finlay Campbell du titre de "Sir" aurait été une grave erreur. Ecossais solitaire, brutal et avare de paroles, aussi l'un des plus anciens écumeurs des Caraïbes, Finlay Campbell détestait les anglais, c'est d'ailleurs ce qui l'a poussé à fuir son Ecosse natale afin de pouvoir poursuivre en toute impunité sa guerre à outrance contre tout bâtiment portant pavillon à Croix de Saint-Georges.
Véritable homme d'action, il a été longtemps le plus fameux capitaine des Caraïbes, accumulant prouesse guerrière sur prouesse guerrière, et la rumeur de ses exploits emplissait toujours de nombreuses tavernes, la réalité étant souvent à hauteur de sa réputation, alimentée aussi par une apparence difficile à oublier, air sombre, carrure impressionnante, port du traditionnel tartan familial et une énorme hache à ses côtés .
Portant pavillon des Provinces-Unies, lui permettant d'avoir souvent lettre de commission pour porter la guerre à l'Anglais, il fût un membre éminent de la Compagnie Noire des Caraïbes, véritable bras armé de cette confrérie.
Sa brusque disparition des Indes Occidentales laisse à penser qu'il doit jouir pleinement et secrètement, en quelque endroit où il est encore inconnu, des nombreuses richesses accumulées durant de longues années.



Sir Skellington Jack
Parmi les grands vétérans des Caraïbes, l'anglais Skellington Jack s'illustra longtemps aux côtés de la confrérie des Die With Your Boots On.
Capitaine appréçié de beaucoup de ses commensaux-flibustiers, il fût discret autant qu'efficace, capitaine à la haute stature et au regard rêveur, peut-être qu'il se sentît attiré par d'autres horizons, par un ailleurs qui comblerait enfin cette volonté indéfinie.

On dit qu'il court dans les eaux au large du Cap de Bonne-Espérance...



Sieur Capitaine Geoffrey de Peyrac
Parmi les plus anciens flibustiers français, le capitaine de Peyrac fût un membre éminent autant que'énigmatique des Frères de la Côte, dans les tout premiers de la fraternité d'Hispaniola.
On dit qu'il participa à de nombreuses batailles au nom du Lys, mais son mystère provint de son mutisme absolu malgré le retentissement de ses exploits individuels, loin à l'Ouest dans le Golfe de la Nouvelle-Espagne. Malgré qu'il soit officiellement Frère de la Côte, beaucoup de ses confrères affirment ne l'avoir pas vu durant de très longs mois, sans doute en train de batailler au loin.
Une rumeur dit qu'il recherchait inlassablement une personne disparue et chère à son coeur, d'aucuns parlent d'une femme très belle à laquelle il aurait été marié en France.
C'est ce qui l'a sans doute poussé à brusquement quitter la Caraïbe, pour parcourir d'autres océans et poursuivre sa quête...




Kapitein Bart Van Piperzeel
Bien avant le capitaine Finlay Campbell, le charismatique Van Piperzeel fût très longtemps le plus fameux écumeur des Indes Occidentales.
C'était un vrijbuiter dans l'âme, agissant pour la course et le profit et il sema la terreur dans la Caraïbe, pétrifiant d'effroi tout marchand aperçevant les voiles de sa tartane.
Après avoir brièvement battu pavillon noir, il courut pour le compte des Provinçes-Unies, sa nation d'origine, et rentra finalement en Frise, profitant d'un passé lavé ainsi que d'une considérable fortune.




Lord Bretzel
Issu d'une vieille lignée de nobles anglais, le fantasque Lord Bretzel, dit "Le Manchot", était ainsi surnommé à cause de sa mise plus que pour une mutilation quelconque, et fût aussi un grand vétéran parmi les écumeurs.
Eminent protagoniste de la Confrérie du Manchot Farçeur et traître à sa couronne, il s'illustra longtemps sous de pavillon des forbans et s'adonna à nombreuses et diverses pyrateries.
Il fût enfin graçié par James Deux d'Angleterre et vogua de nouveau sous pavillon à Croix de Saint-Georges.
Il mourût tragiquement, pris d'une subite crise de démence, attaquant et canonnant seul, à la stupéfaction générale, la forteresse de Santiago de Cuba, récemment conquise par les anglais.
C'était le Dix-Neuf Septembre Seize-Cents Six.
Ses hommes d'équipage, qu'il avait congédiés, allèguent que sa crise de folie aurait été provoquée par une missive venant d'Angleterre. Le mystère reste entier...d'autant que certains superstitieux de son équipage affirment que son esprit continue à hanter la Caraïbe.
Quoiqu'il en soit, beaucoup le regretteront...





Catherine Guerezenn alias "Camille" Guerezenn
Alors jeune fille fuyant un mariage forçé, un mari inconvenant laissé pour mort, Yvon Lefennec, ainsi que sa ville natale de Vannes, Catherine Guerezenn s'engagea comme matelot dans un équipage en partance pour les Amériques. Ledit engagement l'obligea à abandonner son identité féminine, se faisant alors connaître sous le prénom ambigü de "Camille".
Déjà nantie d'un caractère bien trempé, en bonne bretonne, Camille Guerezenn affina vite son ascendant sur les hommes d'équipage, que ce soit par sa forte-gueule, son autorité naturelle ou ses horions éventuels .
C'est ainsi qu'atteignant la Caraïbe, elle fît se mutiner l'équipage et destituer le capitaine en place, prenant ainsi commandement sous pavillon noir. Il lui fallût peu de temps pour accumuler les succès sur mer et se forger la réputation qu'on lui connaît, celle d'une redoutable femme-pirate, franche et indomptable.
Après s'être acquis une expérience de la course, elle fonda on ne sait trop comment une flotte de forbans, la confrérie "A Feu et à Sang", flotte qu'elle mena dans nombreux combats, d'une poigne de fer et d'un verbe haut-en-couleurs.
De là se forgea la légende de "La Guerezenn", écumant sans cesse sur de lestes manoeuvriers, courant tavernes et tripots et tous ont eu au moins une fois affaire à la vivaçité de son verbe ou de son humour dévastateurs, la faisant appréçier ou détester d'une manière franche, par ses amis comme ses ennemis.
Celui qui écrit ces lignes eut l'honneur de servir sous ses ordres, en ses débuts de forbannerie, puis de commander à ses côtés lorsque fût tentée la réalisation d'un grand rêve pirate, La Horde au Drapeau Noir, rêve qui fût avorté de lui-même, du fait de luttes fratricides mêlant sordides interêts personnels et défections de capitaines félons.
La Guerezenn n'abandonna jamais entièrement ce rêve, luttant pour son idéal pirate et faisant sans cesse de nouveaux adeptes, notamment depuis sa crêperie Ker Aïbe, crêperie borgne et la plus fameuse des amériques, où elle tenait salon lorsqu'elle n'était pas à courir le bon bord.
Sa fin fût des plus brutales, un duel ayant mal tourné, des sicaires trop nombreux et une brusque incarcération.
La parodie de proçès qui s'ensuivit, proçès inique favorisé par un mari brusquement réapparu et soutenu par des hauts-fonctionnaires venus de France, donna lieu à sa condamnation à la pendaison.
Alors que pendue, elle fût mise à mort d'un coup d'arquebuse par son comparse Jack W.Loockwood, dissimulé dans la foule, qui réalisa ainsi son souhait de ne pas mourir par la corde.
Le jour tragique du Dix-Huit Octobre Seize-Cents Six vît la fin de Camille Guerezenn, Reine des forbans.
...jamais les océans
n'oublieront son prénom...
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